Mathématiques*II

Erwan Mahéo & Isabelle Arthuis
FRI-ART-Kunsthalle- Fribourg 2004

Pour cette exposition, Erwan Mahéo et Isabelle Arthuis élaborent un environnement in situ dans lequel les sculptures et les photographies s'associent, se conjuguent et s'additionnent, tout en restant divisibles. Ils nous proposent un regard sur les mathématiques vu comme un paysage abstrait. Il y a dans les oeuvres exposées comme dans le paysage au sens large une dimension métaphysique. Ce que l'on voit, n'est pas toujours ce qui est. La réalité se métamorphose sans cesse. Le positif dialogue avec le négatif, le noir avec le blanc, l'endroit avec l'envers, le proche avec le lointain, l‚intérieur avec l‚extérieur...  Des filtres roses et rouges installés sur les fenêtres créent des réflexions lumineuses et chromatiques. Le spectateur devient sujet percevant, il intensifie son contact au monde et renforce un sentiment lié à la présence des choses. Ce contact avec le monde, ce champ perceptif, vient sans cesse nous assaillir « comme des vagues entoureraient une épave sur la plage ». Il y naît alors un climat de tension et d'inquiétante étrangeté.

Auguste Comte disait des mathématiques qu'elles sont « une science qui étudie par le moyen du raisonnement déductif les propriétés d'êtres abstraits, ainsi que les relations qui s'établissent entre eux ». René Descartes, lui les définissait comme « règles pour la direction de l'esprit ». Les séries de photographies - Meta ta phusika (2004) et Transcendance (2004) - de Isabelle Arthuis ainsi que les installations et sculptures- Fantasme (2004) et Mathématiques (2004)- de Erwan Mahéo mettent en forme des relations autant spatiales que temporelles, ouvrant des perspectives mentales, des invitations au voyage.  Si les mathématiques, comme les arts, sont des langages qui décrivent la réalité sensible, elles n'en reflètent pas moins la poésie et la complexité qui l'habitent.

Sarah Zurcher, 2004